Fédération des Organisations des Producteurs Agricole du Congo au Nord-Kivu

UPDKIS décide de se transformer en force économique des filières

mercredi 14 février 2018 par Jean Baptiste Musabyimana

Les organisations paysannes de la province de la Tshopo, réunies au sein de l’Union paysanne pour le développement de Kisangani, UPDKIS en sigle, décident de quitter le fonctionnement des ARBL pour des entreprises paysannes à une vision économique « agri-entrpreneur ». Ils optent pour huit coopératives spécialisées (riz, huile de palme, café, cacao, marchéage, élevage et cacao) à murir les réflexions. Décisions prises à l’issue de l’assemblée générale de cette fédération des producteurs tenue au centre de pastoral, de l’archidiocèse de Kisangani, le 1er février 2018.

Ils étaient 64 délégués de 32 collectifs des organisations paysannes venus de 5 territoires sur les sept que compte la province de la Tshopo. Il s’agit des territoires de Banalia, Bafwasente, Isangi, Opala et Ubundu ainsi que ceux de la ville de Kisangani et hinterlands avoir pris part à ces assises.
Ces producteurs agricoles actifs, dont un nombre important des femmes ont pris d’importantes résolutions pour l’avenir à moyen et à long terme de l’UPDKIS. Les plus importantes de ces décisions, que d’aucun qualifient d’historiques sont celles-ci :
1. L’UPDKIS s’engage à participer à la réalisation de l’objectif spécifique 3 du programme PASPOR (Programme d’appui à la structuration, au plaidoyer et à la professionnalisation des producteurs agricoles familiales organisés en RDC. Il est tenu par eux plate formes. Il y a la confédération nationale des producteurs agricoles congolais, CONAPAC en sigle et Alliance AGRICONGO (un regroupement de 18 ONGs belges appuyant directement les organisations des producteurs agricoles congolaises). Le programme PASPOR propose une démarche participative pour intégrer la force économique des filières dans la structuration et l’auto-financement du mouvement paysan.
2. Le conseil d’administration de l’UPDKIS et son secrétariat exécutif sont mandatés pour négocier avec les partenaires techniques et financiers dans un meilleur délai un appui financier devant permettre la participation de cette fédération des organisations paysannes de la Tshopo à la réalisation de l’entièreté des 6 objectifs du programme PASPOR. Cet appui doit permettre l’organisation d’un atelier annuel, la mise en place d’un comité de pilotage provincial et la participation au comité de pilotage national du programme PASPOR ;
3. Que le conseil d’administration et le secrétariat exécutif de l’UPDKIS entame un processus de changement institutionnel de l’UPDKIS, qui devrait se finaliser vers l’an 2025 par :
• L’émergence d’au moins deux coopératives rentables et durables, intégrées dans le pilier économique de la fédération provinciale,
•La restructuration du pilier politique en des structures décentralisées de la fédération selon les échelons administratifs,
•La révision des statuts de l’UPDKIS, consacrant l’intégration équilibrée des deux piliers dans les organes de décision de l’UPDKIS. La confédération nationale CONAPAC doit être informée régulièrement des changements en cours. L’organe suprême de l’UPDKIS mandate également son conseil d’administration et le secrétariat exécutif à poursuivre le renforcement des capacités de plaidoyer à tous les niveaux pendant la phase de restructuration du pilier politique. Mais aussi appuyer l’émergence de coopératives spécialisées rentables, par une stratégie différenciée par filière, partant des priorités qui seront identifiées dans le processus appuyé par le PASPOR. Après l’émergence des coopératives, la fédération devra définir de commun accord la nature des services payants que l’UPDKIS livrera aux coopératives autonomes, afin de contribuer aussi à l’autonomisation graduelle de l’UPDKIS.
Vu l’importance de l’engagement individuel de chaque membre pour la réussite du mouvement paysan en RDC, l’assemblée générale de l’UPDKIS recommande, pour se faire à chaque coopérative naissante de formuler une charte, à souscrire par chaque futur membre, qui explicite l’engagement de chaque membre en termes de frais d’adhésion, contribution de parts sociales, loyauté envers la coopérative, engagement personnel pour la réussite de l’entreprise coopérative. La légitimité réelle des actions politiques est également confiée à ces deux organes, et de demander à chaque membre de la fédération de signer un acte d’engagement, inscrit dans une vision commune du développement de l’agriculture familiale en RDC.
Les soixantaines des producteurs agricoles de la Tshopo proposent qu’un plaidoyer soit mené par l’UPDKIS et la CONAPAC pour le dossier qui oppose actuellement l’Etat congolais et la Belge.
Par la même occasion, un nouveau comité du département femmes a été mise en place par consensus de 22 femmes ayant pris part active à ces assises afin de redynamiser les activités de la femme paysanne. Ce comité est composé de 7 femmes.

BOERENBOND et RIKOLTO des inspirations
Rappelons que ces assises historiques de l’UPDKIS ont été précédées par un atelier de recentrage et de l’analyse de la situation de l’UPDKIS et ses collectifs autour de leurs fonctions essentielles. C’était du 29 au 31 janvier 2018, toujours au centre de pastorale, avec l’appui la coopération Technique Belge CTB, désormais appelée ENABEL, de RIKOLTO ex VECO (une ong belge installée à Butembo dans le Nord-Kivu et de la CONAPAC (confédération nationale des producteurs agricoles du Congo).
Cet atelier animé par IVAN Godefroid PALUKU, responsable de RIKOLTO, était entièrement de partage d’expérience des organisations paysannes de la Belgique qui ont 120 d’expérience, celles des Kivu et de la province de la Tshopo.
Dans son mot d’ouverture, le président de l’UPDKIS, QUADRATUS MUGANZA, a indiqué que la tenu de cet atelier est le résultat de l’observation minutieuse d’une expérience de 10 du fonctionnement de cette fédération. « Il était le moment de s’arrêter pour décrypter les enjeux actuels et du futurs vis-à-vis de la précarité de vie des producteurs agricoles de la Tshopo ». C’est la raison du recours à une expertise qui a réussit dans la région, en l’occurrence l’Ong RIKOLTO/VECO. Amadou DIALO, d’ENABEL ex CTB, tout en saluant la tenue de cet atelier, a souhaité voir les paysans membres de l’UPDKIS découvrent eux-mêmes les pratiques a imitée à partir des échanges d’expérience pour sortir de la pauvreté.
Pour IVAN Godefroid, le secteur agricole est pourvoyeur d’emplois contrairement au secteur des minerais qui est voué à la mort. C’est pourquoi il faut rendre les pratiques agricoles durables. Cela demande certains sacrifices, si on doit utiliser les ressources naturelles de façon qu’on le les appuies pas.
Il soulève à cet effet l’importance d’innovation afin de diversifier l’économie. Car l’agriculture parraine impactera sans doute sur l’économie nationale. Cela devient également un levier de pression politique des OPA sur les décideurs. Pour M. IVAN, « l’économie et la politique sont les 2 mains sur le ventre  ». C’est pour cette raison que l’agriculture devra être un laboratoire des innovations. En scannant les autres pratiques d’ailleurs afin de les adaptées aux conditions locales.
Il a présenté par la suite l’économie de ses exposés qui se résume en 4 points :
1. L’historique de la ligue paysanne en Belgique. Il s’agit de BOERENBOND, une organisation centenaire dont les similitudes sont très fortes avec la situation actuelle des producteurs agricoles congolais,
2. Le parcours de l’Ong RIKOLTO, il y a peu elle s’appelait VECO, vis-à-vis des changements que le monde connait,
3. Le partage de l’expérience de caféiculteurs congolais de l’est qui vend à l’international,
4. Présentation du projet PASPOR en collaboration avec la CONAPAC.

L’atelier est parti de deux questions essentielles de réflexion soumises aux participants : pourquoi un mouvement paysan fort est-il important en RDC et quelles sont les conditions à remplir pour permettre au mouvement paysan de réussir.

Premier exposé : sur l’historique de la ligue paysanne en Belgique appelée « BOERENBOND », en langue flamande, la plus ancienne née en 1875 pour faire face à la précarité de la vie des paysans belges, comme c’est le cas des producteurs agricoles congolais aujourd’hui. Ses objectifs que cette ligue étaient de défense les intérêts des membres en assurant la représentation dans les sphères politiques avec comme devise : « chacun pour tous et tous pour chacun ».
Assurer la formation technique aux membres, notamment destinées particulièrement aux femmes. La défense de la religion catholique face au socialisme qui naissait de l’industrialisation. Une stratégie cachée des industrialistes pour chasser les paysans de leurs terres pour aller travailler dans les usines en ville. D’où la lutte de la ligue a pouvoir rester dans leur milieu des activités agricoles. Se doter des entreprises qui appartiennent aux agriculteurs. Ce qui n’avait jamais existé. Il y a eu à cette époque des grandes entreprises qui ont favorisées la naissance pour la première fois des coopératives.

La première coopérative s’occupait de l’achat en commun des engrais et des aliments des batailles au bat prix. Cette entreprise paysanne qui est devenue économiquement forte, influençait à la baisse le coût de production agricole en augmentant le rendement car en étant plus efficace et professionnel. Le gérant de la coopérative était choisit parmi les membres, avec un salaire sur base du rendement de ses activités. Progressivement la coopérative disposait des grandes réalisations, notamment des laboratoires de certification qui étaient sollicités par l’Etat belge. M. IVAN a indiqué que, en RDC, c’est en 2018 que le premier laboratoire agricole sera implanté au pays grâce à la vente vers l’occident du café de haute qualité produit à bas prix contrairement au capitalisme.

Le succès des coopératives a poussé ces animateurs à créer une caisse d’épargne et de crédit agricole propre aux agriculteurs. Motif pour les producteurs a investir d’avantage dans cette caisse. En 1918 que les coopératives s’engage dans l’agro-industrie. Suivra la création d’une mutuelle d’assurance des agriculteurs belges qui travaillaient dans l’agro-industrie. L’idée de spécialisation nait, sur les fruits, l’élevage et les légumes. C’est pour éviter d’être au solde des capitalistes, en ayant le contrôle de leurs propres activités. Ce progrès pousse les membres à chercher des conseils en technique spécialisées par filière. D’où la naissance des associations des producteurs spécialisé qui développent leur propre logique tout en restant au sein de leur guide paysanne.
La création de la première ligue des femmes agricultrices est intervenue 30 ans après celle des hommes. Une organisation à dimension nationale, la « ligue féminine des agricultrices belges ».
La ligue BOERENBOND, 120 ans après, regorgeait 70% des producteurs agricoles flamandes au début contre 1,6¨% actuellement. En comparant, on remarque que 70¨% des populations de la RDC sont membre de la CONAPAC. Donc, 8 personnes par famille.
BOERENBOND était devenue incontournable sur toutes les initiatives dans l’agriculture parce que, disposant en sont sein des ressources humaine compétente à défendre n’importe quel dossier. Il s’agit d’une approche jugée pragmatique qui était ouvert au dialogue et au compromis dans une certaine souplesse tout en maintenant l’unité des guides paysannes.

Le second partage de M. IVAN Godefroid avec les paysans de la Tshopo a porté sur le parcours de l’Ong VECO, devenue RIKOLTO, face aux mutations que le monde connait.
Selon lui, la structure actuelle des OPA ne pas adapter au besoin du développement économique. Même les PTF, partenaires technique et financiers ont pris conscience de besoin du moment qui est l’intégration économique qui doit passer par la structuration de la force économique. Il a illustré par le bref aperçu des changements enregistrés au sein de l’Ong VECO avec sa une stratégie de coopérative dite de la « nouvelle génération » au nom de la Coopérative KAWA KABUYA (CKK). Une entreprise paysanne dont la gestion est entièrement entre ses membres. Où ont fait remonter et descendre toutes les informations à chaque producteur membre de la coopérative.
CKK compte 2500 membres, dont 30% des femmes regroupée au tour de 200 groupes dénommés « micros stations », seulement en deux ans d’existence. Avec comme conditions de réussite, la qualité. Pour le facilitateur, le triple du prix ordinaire du café est assuré à travers la qualité qui est définie par le besoin des marchés. Il affirme qu’il y a certains acheteurs attirés par la qualité de café KAWA KABUYA, proposent même des qualités autres du café qu’ils commandent des grandes quantités. D’autres clients préfinancent la collecte du café CKK.
En suite, cette coopérative produit en volume suffisant. Ils dépassent même les projections. Ce succès est le fruit de l’engagement de ces caféiculteurs dans un processus à long terme au tour d’une vision commune pour s’autonomiser rapidement. Et là, les paysans tournent le dos à la dépendance extérieur.
Le chiffre d’affaire de l’année 2017 s’élève à 950 000$ américain. Avec 12 conteneurs exportés par an. Une autre information qui a retenu l’attention des producteurs agricoles de la Tshopo, c’est le succès de CKK vis-à-vis des entreprises financières qui acceptent d’octroyer des crédits à hauteur de 470 000 usd (quatre cent septante mille dollars américains) à cette coopérative. Et pourtant les banques conditionnent ses crédits agricoles par la présentation des états financiers de 3 dernières années. Ce qui est difficile pour une jeune organisation. En sommes, cette année 2018 grâce aux crédits des banques, la coopérative Kahawa Kabuya va exportée 16 conteneurs des cafés en occident. La ténacité, la crédibilité, la transparence et la loyauté assurent la prise de conscience paysanne qui procure de l’argent et lui rend économiquement viable.
Le dernier point d’échange était celui du programme dénommé PASPOR, programme d’appui à la structuration, au plaidoyer et à la professionnalisation des producteurs agricoles familiales organisés en RDC. Il est tenu par eux plate formes. Il y a la confédération nationale des producteurs agricoles congolais, CONAPAC, en sigle et Alliance AGRICONGO, qui est un regroupement de 18 ONG belge qui appuient directement les organisations des producteurs agricoles. PASPOR s’articule autour de 6 composantes : les filières, la structuration, le plaidoyer, genre, environnement et les nouvelles technologies de l’information et de la communication NTIC. Après avoir étalé cet important projet « PASPOR », M. IVAN a présenté le type de fonctionnement dudit projet par un comité de pilotage national. Avec des fédérations nationales et les représentants des filières porteuses et les OPA. Le projet prône un avancement progressif dans l’expérimentation des valeurs de base afin d’assurer la pérennisation. Réfléchir à la sortie de l’AGRICONGO au début du programme.
Ce programme PASPOR, en cas de réussite, il fera un bon en avant du mouvement agricole familial. Les producteurs agricoles membres des OPA avancera, la notion par ricochet et le monde entier qui en bénéficiaire.
Une bonne étude des filières doit être effectuée pour avoir une lumière sur ce qui doit être fait avant d’opérer un choix ‘une entreprise paysanne. La nécessité des formations en coopérative et en filière. La modification des statuts des ASBL qui régissent l’UPDKIS en coopérative. La structuration de la rentabilité avant de penser à la créer une coopérative. Faire une planification de la production selon la demande du marché. L’inclusion de la province de la Tshopo (UPDKIS) dans le programme PASPOR.

Ernest MUKULI, AJAC TSHOPO


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