Fédération des Organisations des Producteurs Agricole du Congo au Nord-Kivu

Crédit agricole en RDC, la lutte continue

lundi 28 septembre 2015 par Jean Baptiste Musabyimana

Du 21 au 24 septembre 2015, il a été organisé à l’hôtel Mbiza de Goma un atelier de préconception du dossier de plaidoyer sur l’implantation d’une banque agricole en République Démocratique du Congo. Lors des travaux, l’idée de mise en place d’une banque de crédit agricole a cédé la place au tandem fonds national pour le développement de l’agriculture, FONADA-banques commerciales-institutions de micro finance et OP.

« Nous avons proposé des amendements pour que le FONADA ne soit pas un fonds au seul profit des grands entrepreneurs agricoles. Le crédit agricole en RDC est un secteur à risque. Avec des calamités, une banque agricole coulerait. Nous aurons donc, à la place, une multitude de banques commerciales à moindre risque pour couvrir le crédit agricole. Reste que cette proposition soit avalisée au niveau des autres provinces. Mais nous avons espoir que ce pays ne sera plus jamais comme avant. Les agriculteurs seront fiers de leur métier et pourront pratiquer une agriculture professionnelle tournée vers le marché intérieur et extérieur  », déclare Ivan Godfroid, représentant régional de VECO, Vredeseilanden Country Office, en ce jeudi 24 septembre 2015, dernier jour d’un atelier organisé à Goma sur le financement agricole pour le développement de la République Démocratique du Congo.
L’Etat congolais, garant du développement agricole à travers le FONADA
En ce quatrième et dernier jour de l’atelier, en effet, dans la salle des conférences de l’hôtel Mbiza de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, l’heure est aux discours de clôture. « Vos efforts ont permis la mouture de la première copie du plaidoyer. L’occasion nous a été propice pour prendre davantage conscience de la problématique du financement agricole en République Démocratique du Congo. Même si nous n’avons pas trouvé la réponse à cette question dans cet atelier, nous sommes cependant satisfaits par ce qui est déjà fait. La lutte continue », affirme, pour sa part, Patient Mapendo, chargé de la communication de la LOFEPACO, ligue des organisations des producteurs agricoles du Congo, une organisation paysanne dont le siège se trouve en ville de Butembo. Peu avant cette déclaration de Patient Mapendo au nom des participants a cet atelier, Achille Mbusa Lumalisa, président du conseil d’administration de la fédération des organisations des producteurs agricoles du Congo au Nord-Kivu, FOPAC NK, reconnaissait que « l’accès au crédit agricole reste un casse-tête en RDC. Seuls les commerçants ont accès au crédit. Et le crédit accordé, c’est dans le cadre de la commercialisation ou la transformation des produits agricoles, jamais pour la production ». Ce qui n’est pas sans conséquences. « Beaucoup de gens en RDC ne considèrent pas l’agriculture comme un métier. Pourtant, c’est le plus beau des métiers. Mais il faut professionnaliser l’agriculture dans ce pays. L’Etat congolais, à travers le FONADA, se porterait comme garant du développement agricole  », fait savoir Ivan Godfroid.
Le FONADA préféré à la BCA par méthode FACT
Au cours de cet atelier, il y a eu un virage à 90 degrés. L’idée de mise en place du FONADA travaillant avec les banques commerciales et les institutions de micro finance a séduit plus d’un participant à la place d’une banque de crédit agricole. Cela s’est passé par consultation des participants. « L’absence des banques dans les zones rurales en RDC est un fait. Nous avons appris par ce qui se fait dans les autres pays. Les banques commerciales, pour s’engager dans le secteur agricole, sont obligées de se doter d’agronomes qui se rendent sur terrain. Les institutions de micro finance sont un élément multiplicateur », reconnait Ivan Godfroid, de VECO. Celui-ci n’y va pas par le dos de la cuillère. « Nous ne proposons pas la BCA, banque de crédit agricole, comme seule voie d’accès au crédit agricole en RDC. Dans ce pays, les conditions pour la mise en place d’une telle institution ne sont pas réunies. Nous ne voulons donc pas recommander au gouvernement congolais de créer une institution inadéquate car l’ancienne banque de crédit agricole est tombée en faillite en 2003. Nous recommandons plutôt de mettre en place le FONADA. Ce fonds pourra être une garantie pour les risques que prendront les banques commerciales. Ces banques commerciales pourront à leur tour financer les coopératives d’épargne et de crédit. Ces institutions de micro finance sont plus proches des paysans. Ici, les paysans pourront facilement accéder au crédit agricole, un crédit pour toute le chaine de valeur  », tranche Ivan Godfroid, représentant régional de VECO. «  Le gouvernement provincial est à vos côtés dans ce plaidoyer », assure Ndibeshe Byemero, ministre provincial de l’agriculture, pêche, élevage et développement rural en province du Nord-Kivu.


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